Pour des distributeurs publics de crème solaire écoresponsable

Voici un écrit que j’ai publié sur Change.org en septembre 2020

CE QUE JE PROPOSE EN BREF :

1 – Mettre à la disposition de la population des distributeurs sur les plages, dans les piscines, les parcs, les écoles, etc. Avec des produits qui concilient au mieux respect des écosystèmes marins et santé des humains.

2 – Utiliser smartphones et objets connectés pour nous protéger des méfaits du soleil et nous dépister.

AU SOMMAIRE :
• Les cancers de la peau en forte augmentation

• Des comportements à risque et des fausses croyances persistant-e-s
• Les plus jeunes surexposé-e-s
• Les travailleur-e-s surexposé-e-s aussi
• Les nombreux problèmes liés aux crèmes issues du commerce
• Les produits solaires engendrent un désastre écologique
• Première solution : des distributeurs publics de crème écoresponsable
• Deuxième solution : tirer parti des smartphones et des objets connectés
• Diverses initiatives potentiellement intéressantes 

• Conclusion

LES CANCERS DE LA PEAU EN FORTE AUGMENTATION

Actuellement, la crème solaire n’est même pas remboursée par la Sécurité sociale pour les personnes à risque cancérigène majeur.

Or, selon une étude de Santé publique France, nous sommes face à :
•       80.000   cancers de la peau par an

Les mélanomes sont les cancers de la peau les plus graves. Il y a eu :
•        15 404      cas de mélanome en 2017
•        1 783        décès en 2017
•        + de 80 % de ces cancers sont liés à des expositions excessives au soleil

50 000 euros par an et par patient.e. C’est le coût approximatif du traitement de référence en première ligne du mélanome en Europe appelé « immunothérapie anticancéreuse » (source : Société Française de Dermatologie)

« Dans un contexte de réchauffement climatique qui prévoit une augmentation de l’ensoleillement (…) les pathologies induites par les UV ne peuvent que continuer à progresser dans les années à venir », souligne le dernier Baromètre Cancer (2015).

DES COMPORTEMENTS À RISQUE ET DES FAUSSES CROYANCES PERSISTANT-E-S

En matière de crème et de protection solaire en général, voici ce qui ressort de ce baromètre.

35 % des Français.es réutilisent leurs protections solaires d’une année sur l’autre (source : Ipsos), ce qui est potentiellement dangereux. D’autres les jettent après l’été.

Les expositions excessives au soleil surviennent aussi dans les lieux quotidiennement utilisés par la population (domicile, jardin, garderie, milieu scolaire, espaces de jeux ou de loisirs, travail).

LES PLUS JEUNES SUREXPOSÉ-E-S

80 % des dommages provoqués par le soleil sur la peau ont lieu avant 18 ans (source : Association Sécurité Solaire).

Les coups de soleil de l’enfance augmentent considérablement le risque de cancer à l’âge adulte. En effet, la peau des enfants et adolescent.e.s est très sensible au soleil. De plus, leurs nombreuses activités extérieures et la durée de leurs vacances leur offrent de longues périodes d’ensoleillement.

Cela contribue à expliquer le fait que le mélanome soit désormais la 1re cause de mortalité par cancer chez les jeunes adultes (source : Association Sécurité Solaire).

Pour toutes ces raisons, des distributeurs devraient être implantés en priorité en milieu scolaire et périscolaire.

Par ailleurs, les plus jeunes étant particulièrement adeptes des outils numériques, il est tout à fait pertinent de s’appuyer dessus pour toucher ce public.

LES TRAVAILLEURS-E-S SUREXPOSÉ-E-S AUSSI

Le travail peut donner lieu à des expositions intenses, notamment du fait d’une activité en extérieur (agriculture, BTP, métiers du sport…).

1 actif.ve occupé.e sur 5 déclare devoir travailler souvent ou systématiquement au soleil (source Baromètre Cancer 2015).

Seuls 13 % des personnes interrogées déclarent appliquer de la crème toutes les deux heures.

LES NOMBREUX PROBLÈMES LIÉS AUX CRÈMES ISSUES DU COMMERCE

– Elles sont souvent très chères.
– De qualités inégales.
– Les gens n’ont pas toujours un tube sur eux quand ils décident de s’exposer.
– Sont très fréquemment perdus face aux différents types de protection que leur offrent ces produits.
– Bien souvent, les promesses sont trompeuses. Ex. : l’ « écran total » n’existe pas (aucun produit ne filtre la totalité des UV).
– Ces crèmes sont souvent toxiques pour l’être humain : certaines peuvent même provoquer des lésions dans les cellules du foie (Source : Les Amis de la Terre).

LES PRODUITS SOLAIRES ENGENDRENT UN DÉSASTRE ÉCOLOGIQUE

• Les composés chimiques de la plupart des crèmes tuent les coraux
• Ils perturbent le plancton, premier maillon de la chaîne alimentaire dans la mer
• Si le corail et le plancton disparaissent, c’est tout l’écosystème qui risque d’être mis à mal, dont notre propre existence.

Actuellement, il n’existe pas de crème qui soit totalement inoffensive pour les fonds marins. D’ici à ce qu’une telle crème soit mise au point, nous pouvons limiter les dégâts (voir point suivant).

PREMIÈRE SOLUTION : DES DISTRIBUTEURS PUBLICS DE CRÈME ÉCORESPONSABLE

Partout où il y en a besoin :
–        Sur les plages
–        Dans les parcs
–        Squares
–        Piscines
–        Stations de ski
–        En milieu scolaire
–        Et professionnel

On l’a dit : un mélanome coûte à la collectivité environ 50 000 euros par an et par patient.e. Mettre le paquet sur la prévention via ces distributeurs c’est donc :
– Pouvoir rappeler les principaux messages et conseils sur les lieux, dont beaucoup sont encore plus importants que le fait de s’appliquer de la crème
– Engendrer, grâce à la gratuité et à l’accessibilité, des comportements plus vertueux (ex. : s’en appliquer systématiquement, suffisamment, régulièrement).
– Permettre à chacun.e de disposer d’une crème de qualité et toujours adaptée à son « profil solaire »,
– Garantir autant que possible des produits sains pour l’être humain
– Tout en ménageant la faune et la flore marines : si l’État prend en charge la protection solaire sur nos plages, cela permettrait de faire en sorte que les produits les plus eco-friendly du marché soient utilisés. Aujourd’hui et demain. Par le plus grand nombre.

DEUXIÈME SOLUTION : TIRER PARTI DES SMARTPHONES ET DES OBJETS CONNECTÉS

Nous pouvons nous protéger individuellement ET collectivement (voir plus bas).

Bénéfices :
–       Profiter de recommandations personnalisées

–       Mesurer en temps réel son exposition aux UV
–       Bénéficier de « prévisions UV »
–       De « rappels crème »
–       De comptes à rebours et d’alarmes pour savoir quand se mettre à l’abri (ou éviter de quitter son domicile)
–       Pour un suivi régulier de votre peau et de celle de vos proches : prendre et envoyer des photos à des dermatologues de lésions ou de grains de beauté suspects

Quelques applis mobiles :
– Pour la prévention (en anglais) : UVI MateUV Lens, QSun
– Pour le dépistage : Dermappidoc24 Qare)

96 % des Français.es déclarent être intéressés par les objets connectés « santé », selon une étude réalisée par l’agence Les Infiltrés en partenariat avec Doctissimo en 2017.

Quelques exemples d’objets connectés pour bronzer malins :
–       Smartwatch
–       Maillot connecté (ex. : Neviano de Spinali Design)
–       Bracelet connecté (ex. : June de Netatmo et UVA+B de SunFriend)
–       Bague connectée (ex. : Marcus de Julien Bergignat)
–       Mini capteur à coller sur un ongle (ex. : UV SENSE de la Roche Posay)

Prévenir les abus au niveau des distributeurs

Chacun.e aurait accès à un certain « droit de tirage » en fonction de sa situation (ex. : enfants à charge ou pas). L’usager se verrait donner accès à ses dosettes en scannant à l’aide de son téléphone un QR code présent sur chaque distributeurs sécurisé. Dosettes qui seraient idéalement adaptées à son « profil solaire ».

Dans un autre registre, on peut envisager le type de synergie suivant : mon smartphone/ma smartwatch vibre quand il est temps d’aller au distributeur.

Coproduire autour de la Sécurité Sociale nos solutions de santé de demain

Les bases de données publiques de notre pays, dont celles de la Sécurité Sociale, sont particulièrement riches ce qui est un atout essentiel ! À la fois pour structurer et cibler les actions de prévention et de dépistage.

À ce titre, il serait bénéfique de mobiliser autour d’elle tout un écosystème d’acteurs (établissements de recherche, associations, startups innovantes, grands groupes, etc.) pour coproduire nos solutions de santé publique de demain.

Grâce à la collecte et l’utilisation massive de données, l’objectif serait notamment de guider les gens en personnalisant au maximum les recommandations formulées à chacun.e.

Il s’agirait par exemple de pouvoir passer le bon message, à la bonne personne au bon moment (ex. : « Vous devriez consulter un dermatologue »).

Autre illustration de ce qu’une bonne intelligence artificielle rend possible : très prochainement, des applis seront capables de détecter une lésion précancéreuse à partir d’une simple photo prise avec un smartphone.

DIVERSES INITIATIVES POTENTIELLEMENT INTÉRESSANTES

–      Une cabine qui vaporise tout le corps d’écran solaire en quelques secondes (Snappyscreen et Sunscreenmist).
–      Un bracelet distributeur (SunZee) permet d’avoir toujours de la crème à portée de main, sans devoir interrompre ses activités extérieures (ex. : sport).
–      Un test sanguin pour détecter le cancer du mélanome aurait été mis au point par des chercheur.e.s de l’Université Edith Cowan (Australie).

Enfin, des études ont montré qu’il pouvait être intéressant d’impliquer des professionnel.le.s qui travaillent en contact étroit avec la peau :
•       Des paramédicaux : kinésithérapeutes, podologues, ostéopathes…
•       Et non médicaux : tatoueurs.ses, coiffeurs.ses, esthéticiens.es…

CONCLUSION

Augmentation de l’ensoleillement, forte hausse des cancers de la peau, coût astronomique du traitement du mélanome, crèmes souvent nocives pour les écosystèmes marins et l’être humain…

Pour lutter contre ces fléaux, montrons la voie et devenons le premier État au monde à investir dans :
1.      Des distributeurs de crème solaire écoresponsables publics
2.      Les smartphones et les objets connectés

Ces mesures, en plus d’être écologiques et sanitairement très rentables, seraient plébiscitées par les Français.es.

Comme c’est le cas pour le gel bactéricide, elles.ils seront ravi.e.s de pouvoir disposer de crème où et quand elles.ils en ont besoin. Un réflexe que chacun.e adopterait… dans l’intérêt de tous.tes

Auteur/autrice : Eliès Pichelin

Eliès Pichelin

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